Littérature française du 19e siècle


littérature france XIXe siècle
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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Littérature française du XIXe siècle de Wikipédia en français (auteurs)

La littérature française du XIXe siècle s'inscrit dans une période définie par deux dates repères : 1799, date du coup d'État de Bonaparte qui instaure le Consulat et met d'une certaine façon fin à la période révolutionnaire, et 1899, moment de résolution des tensions de l'affaire Dreyfus et de la menace du Boulangisme et où s'imposent finalement les valeurs de la IIIe République.

La modernité littéraire s'affirme dans ce siècle à l'histoire mouvementée avec des courants marquants qui touchent tous les arts, comme le romantisme, le réalisme, le naturalisme ou le symbolisme.

Certains auteurs comme Flaubert ou Maupassant ne veulent pas appartenir à un mouvement précis, et c'est pourquoi certaines œuvres se rapprochent d'un courant, et d'autres non.

Les œuvres de ce siècle sont multiples, particulièrement dans le domaine de la poésie (avec Lamartine, Vigny, Musset, Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Mallarmé…) comme dans le domaine du roman (avec Stendhal, Balzac, Dumas, Hugo, Flaubert, Zola, Maupassant, Verne…) et dans une moindre mesure au théâtre avec le drame romantique et ses épigones (avec Musset, Hugo, Edmond Rostand…).

Siècle très riche aux œuvres qui sont, pour certaines, parfois très modernes dans leur forme (même si c'est surtout en fin de siècle, voire au début du XXe siècle que la forme de certaines œuvres, comme les calligrammes d’Apollinaire, révolutionneront l'Art) ou dans leur fond (comme l'apparition du fantastique dans certains poèmes de Gérard de Nerval ou la vision originale de Baudelaire sur les femmes ou l'automne, dans Les Fleurs du Mal) le XIXe siècle reste pour la littérature française un âge d'or de la poésie et du roman.

De très nombreux chefs-d'œuvre nous laissent percevoir, au-delà des courants littéraires qui se succèdent, des auteurs aux fortes personnalités artistiques.

Les changements de société[2] sont extrêmement importants tout au long du siècle avec par exemple l'instruction publique qui finit par devenir générale et qui, accompagnée par de remarquables progrès scientifiques et techniques, participe à l'évolution des mentalités. L'aristocratie et l'Église perdent peu à peu leurs positions de force et une société laïque s'installe à la fin du siècle, marquée aussi par le poids croissant de la bourgeoisie et de la classe ouvrière qui s'affrontent. La République s'impose finalement à tous et vote des lois sociales tout en organisant les conquêtes coloniales et en préparant la revanche contre l'Allemagne. Les auteurs rendent compte de ces transformations dans leurs œuvres et pour une part d'entre eux s'engagent dans les camps politiques, progressistes (comme Lamartine, Hugo ou Zola) ou parfois réactionnaires comme Maurice Barrès, ou Léon Daudet (Le Stupide XIXe siècle). Ils se rejoignent cependant souvent pour exalter la figure de l'artiste libre contre le bourgeois vulgaire et matérialiste, en créant le mythe de l'artiste bohème et rejeté qu'illustre notamment la figure du peintre ou du poète maudit. Alors que la grande majorité des écrivains du XVIIe siècle étaient des courtisans à la recherche de mécènats et de protections, ce siècle est emblématique d'une nouvelle éthique de vérité (contre la morale religieuse sous la Restauration ou la morale bourgeoise qui prévaut sous le second Empire) de l'écrivain, exprimée à l'origine par Voltaire[3], consistant en son autonomisation progressive par rapport aux pouvoirs (politiques, religieux). Cette éthique se construit dans le cadre de la lutte pour la liberté d'expression et l'avènement d'un régime de liberté de presse avec en corollaire une responsabilité accrue de ces écrivains dont les pouvoirs veulent désormais qu'ils répondent de leurs œuvres : ce siècle est marqué par des procès littéraires et des emprisonnements dont l'écrivain (comme Flaubert, Paul-Louis Courier, Pierre-Jean de Béranger) en fait un titre de gloire[4].

Dans le domaine des arts, en France, à côté d'un néo-classicisme officiel et académique (allant parfois jusqu'à l'art pompier), on retrouve les grands courants esthétiques du siècle comme le romantisme avec Delacroix ou Berlioz et, plus tard, le réalisme avec Courbet et, à la même période, en musique Gounod, Delibes et Bizet. Dans les dernières années du Second Empire s'impose peu à peu l'Impressionnisme auquel on peut rattacher Manet, Monet ou Renoir, pour ne citer que les plus grands. La fin du siècle est plus diverse avec des mouvements comme le pointillisme ou le groupe des Nabis et des personnalités comme Cézanne, Gauguin ou Van Gogh, ou du sculpteur Rodin, alors que Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns, Jules Massenet puis Claude Debussy dominent la composition musicale française.

Pour avoir un panorama littéraire du siècle précédent on se reportera à Littérature française du XVIIIe siècle.


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